Frédéric Moser et Philippe Schwinger à Bétonsalon

Posted on avril 14, 2011 par

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Vue de l’exposition "Ce dont on sera dans l’avenir capable", Frédéric Moser et Philippe Schwinger, Bétonsalon, 2011, Coproduction Bétonsalon et Moser & Schwinger. Tapis de danse Harlequin DUO™. copyright Aurélien Mole.

par Fanny Challier.

Vue de l’exposition « Ce dont on sera dans l’avenir capable »,
Frédéric Moser et Philippe Schwinger, Bétonsalon, 2011,
Coproduction Bétonsalon et Moser & Schwinger.
Tapis de danse Harlequin DUO™. copyright Aurélien Mole.

L’exposition actuellement présentée à Bétonsalon est la première à Paris du duo d’artistes suisses Frédéric Moser et Philippe Schwinger. Leur projet propose d’analyser la question de l’éducation et de l’intégration dans la société française, à travers plusieurs temporalités qui sont réunies dans le même espace, d’où le titre : « Ce dont on sera dans l’avenir capable ».
L’exposition est constituée de projections vidéos entourant un espace où ont eu lieu des performances dont ne restent que les traces (mobilier d’école : tableau noir, inscriptions à la craie). Les deux premières vidéos sont les deux premiers épisodes de la série « France, détours« . Le premier épisode, « Devoir et déroute » a été tourné en 2009 à la Cité du Mirail à Toulouse, conçue par l’architecte Candilis dans les années 1960. Le deuxième épisode est en cours de réalisation à Pierrefitte-sur-Seine, en banlieue parisienne, avec des collégiens en échec scolaire. Enfin, la troisième vidéo, « Schéma 2« , retranscrit les performances des danseurs qui expriment leurs réactions aux situations rencontrées à Pierrefitte.

Ce projet d’exposition questionne la circulation des savoirs et la difficulté d’y accéder, notamment à l’école, ce qui détermine l’intégration ou l’exclusion de chacun par la société. Ainsi la série « France, détours« , inspirée du film de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville de 1978 et intitulé France/tour/détour/deux/enfants, explore ce propos.
Dans « Devoir et déroute« , il s’agit d’interroger des jeunes sur leur place dans la société, sur leur histoire et celle du quartier et amener à une réflexion sur la construction de l’identité à travers un lieu et ses habitants. Il s’agit, en outre, d’éviter les clichés inhérents à l’image que font les médias d’une jeunesse issue des quartiers « défavorisés » et de montrer la complexité liée à cet espace problématique. Cette vidéo croise les réflexions des adolescents de la cité du Mirail sous forme d’entretiens, des images d’archives (faisant la promotion de la cité présentée comme utopique et idéale dans les années 1960) avec des commentaires en voix off qui apportent un éclairage philosophique et sociologique.
Le travail de performance nous invite à penser également ce rôle de l’école. Il propose une relecture des situations observées par les danseurs dans les collèges sous forme de fiction, ce qui fait écho au travail des enseignants qui passent par la fiction et le jeu de rôles afin d’éduquer les jeunes.

On note également une réflexion sur la place du documentaire dans le champ de l’art et de la difficulté qu’il peut y avoir à montrer des rushes dans un lieu d’exposition, mais sans avoir effectué un travail de recherche aussi poussé que la première vidéo. On peut donc s’interroger sur la pertinence d’une telle vidéo, qui tend à desservir le propos des artistes et donne l’impression d’un travail inégal.

Frédéric Moser et Philippe Schwinger,

Bétonsalon, Centre d’art et de recherche,

du 8 février au 26 mars 2011, Paris

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