Gabriel OROZCO au Centre Geroges Pompidou (2)

Posted on décembre 29, 2010 par

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Par Juliette O’leary.

[ndlr : ce texte est une expérimentation de description purement formelle de l’exposition Orozco]

L’exposition  Gabriel Orozco investit l’espace de la galerie sud du musée, au rez de chaussée. C’est une grande salle  rectangulaire dont les murs deviennent des vitres à la moitié de chacune des deux arrêtes les plus longues. Autrement dit, nous obtenons deux carrés collés — l’un est opaque et  l’autre transparent — dont l’arrête commune a disparu. La moitié de l’espace d’exposition est en relation directe avec l’extérieur. Nous voyons au travers des vitres la fontaine de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, bordée de cafés et de piétons. L’espace est investi sur plusieurs niveaux : les murs, le sol et les tables.

Imaginons la galerie comme un plan rectangulaire horizontal. Un rectangle de scotch noir au sol délimite l’espace occupé par des tables qui sont alignées dans la longueur. De la même manière un espace se créé autour de sculptures et objets volumineux disposés au sol. Ces deux rectangles sont parallèles, dans le sens de la longueur du rectangle de la galerie. On trouve sur les tables des objets divers et des maquettes. Les murs sont ornés de photographies, dessins, collages et peintures.

Aussitôt à l’intérieur de la galerie, nous remarquons la présence d’agents de police mexicains qui rodent autour des visiteurs. Les deux policiers – l’un de sexe masculin, l’autre féminin – sont vêtus d’un uniforme sur lequel on lit « policia originale ». Leur fonction est de contrôler le comportement des visiteurs qui auraient tendance à trop s’approcher des lignes noires au sol. Le cas échéant, une sonnerie de type « coup de sifflet » se déclenche et continue jusqu’à ce que le visiteur se recule de la ligne. A ce moment on entend les policiers nous avertir qu’il ne faut en aucun cas s’approcher.

La première ligne : les murs

Le mur à gauche de l’entrée est orné de différentes œuvres qui n’excèdent pas 50 cm de hauteur. Le parcours commence par une série de huit photographies réalisées entre 1991 et 1993. La grande longueur des dessins Finger Ruler Drawing (1995) et Sans titre (1995) ponctue l’accrochage rapproché des photographies, collages et peintures placés autour.

Les collages sont constitués de coupures de presse, d’un billet vietnamien ou encore d’une feuille quadrillée, sur lesquels Orozco dessine des formes géométriques. Nous retrouvons ces formes géométriques sur les peintures sur bois (2006-2008) accrochées sur le mur perpendiculaire. Kytes Tree (2005) est l’élément le plus imposant des pièces accrochées aux murs. Cette peinture sur toile de deux mètres par deux clos le parcours mural.

Seconde ligne : le sol

Tous les objets entourés par le second rectangle noir sont posés au sol à l’exception de deux éléments suspendus, Spume Stream (2003) et Toilet Ventilator (1997). Cette dernière œuvre constituée de trois rouleaux de papier toilette posés sur les hélices d’un ventilateur de plafond est la seule pièce en mouvement au sein de l’exposition. Toilet Ventilator se remarque ainsi dès les premiers pas dans la galerie. Au milieu de cet ensemble, l’imposante cabine d’ascenseur modifiée, Elevator (1994), se distingue de manière tout aussi remarquable.

Troisième ligne : les tables

Il semble que la position idéale pour jouir des éléments disposés sur les tables soit une légère flexion des genoux, le buste penché à 45 degrés, les mains posées sur les genoux. De cette manière le visiteur peut contempler d’assez près les objets sans déclencher le coup de sifflet.

Trois tables de marché, planches de bois sur tréteaux, sont le support d’un ensemble d’objets, maquettes et sculptures réalisés entre 1990 et aujourd’hui. La première table de plus petite dimension est une œuvre entière dénommée Working Tables (1990-2000). Elle se constitue d’une collection d’objets variés et d’exercices artistiques. La seconde table, la plus longue, est occupée par des œuvres en volume reflétant la variété technique de l’artiste. Par exemple Black Kites (1997) est un crâne sur lequel l’artiste a dessiné à la mine de plomb et Horses running Endlessly (1995) un échiquier modifié en bois. La troisième table de taille moyenne est la moins chargée. On y trouve quatre pièces dont des maquettes minutieusement réalisées. Certaines pièces de petite taille rappellent les formes que l’on retrouve au sol à échelle supérieure.

Il est intéressant de noter le parti pris de Christine Macel, la commissaire, de ne pas installer de cloisons au sein de l’exposition. La délimitation au sol d’espaces distincts crée une scénographie géométrique qui offre un aperçu ordonné des œuvres de Gabriel Orozco.

Gabriel Orozco, centre George Pompidou, Paris, du 15 septembre 2010 au 3 janvier 2011

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