TAKASHI MURAKAMI au Château de Versailles

Posted on décembre 4, 2010 par

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Takashi Murakami

Par Angélique Biajoux.

Takashi Murakami

Les œuvres de l’artiste nippon, Takashi Murakami, se repartissent sur l’ensemble des grands appartements du roi et de la reine situés au premier étage du château de Versailles, dans le sens de la visite du salon d’Hercule jusqu’à la loggia de la reine. Sous le commissariat de Laurent Le Bon, déjà en charge de la première exposition d’art contemporain à Versailles avec Jeff Koons, les œuvres se déploient dans les lieux les plus prestigieux de l’édifice royal. La renommée de l’artiste japonais va de paire avec le lieu dans lequel s’exposent ses œuvres issues pour certaines de la collection de François Pinault et du non-moins célèbre galeriste Emmanuel Perrotin. En effet, Murakami fait parti des artistes les plus connus et cotés du marché de l’art actuel. Ainsi, l’événement se concentre essentiellement dans les appartements du roi et de la reine conçue au XVIIe siècle par Louis XIV. Ces lieux sont emblématiques de la richesse et du pouvoir royal d’alors. Une seule œuvre, Oval Buddha, représentant un personnage à deux faces de plus de six mètres de haut et ornée de bronze ainsi que de feuilles d’or se trouve à l’extérieur du bâtiment, dans les jardins, sur le parterre d’eau. Visible depuis la galerie des glaces, elle est présentée pour la première fois au public tout comme Oval Buddha Silver, Yume Lion et Flower Matango.

L’exposition commence par le Salon d’Hercule avec Tongari-Kun, sculpture monumentale réalisée en fibre de verre et peinte à l’huile et à l’acrylique, qui forme un personnage reprenant les codes de l’esthétique manga présents dans l’ensemble des œuvres du japonais. La vivacité des couleurs et l’imposante sculpture fait écho à la peinture de la voûte élaboré par François Lemoine, L’Apothéose d’Hercule. Oval Bouddha Silver, situé dans le salon de l’Abondance, est une sculpture réalisée en argent mettant en scène un personnage imaginaire à la tête disproportionnée sur un socle. Cette représentation caricaturale se retrouve dans la plupart des œuvres de Murakami, largement inspiré par le manga et la culture populaire japonaise. Le choix d’une esthétique enfantine, fantasmagorique et épurée demeure le point d’ancrage à toutes les œuvres exposées. Dans Pom & Me l’artiste se représente avec cette même vision édulcorée mais contraste avec l’aguicheuse Miss Ko. Cette sculpture représente une jeune femme aux airs de nymphette, à l’entrée de la galerie des glaces, s’exhibant sous tous les angles par le jeu des reflets de la glace. Ces personnages imaginaires prennent place dans un grande partie de l’aile droite du Château dédiée à la mythologie grecque (salon d’hercule, de Venus, Diane, Mars, Mercure, Apollon) où la Galerie des glaces, au centre de l’exposition, est entourée par le Salon de la guerre et de la paix. Ces sept salons des appartements du roi sont richement décorés car ils servaient d’appartement de parade à l’époque de Louis XIV.

Symétriquement à l’aile droite, le reste de l’exposition se termine sur les appartements de la reine en partant du Salon de la paix en passant par le Salon des nobles et des gardes du roi jusqu’à la loggia de la reine. Les Flower Matango et Superflat Flower (« Superflat » étant le nom du mouvement initié par Murakami), sculptures en fibre de verre en forme de fleurs multicolores font la transition avec le Salon des nobles où l’on peut voir un monstre qui, la gueule entrouverte, laisse apparaitre divers objets du quotidien miniaturisés et éclairés tels qu’une canette de Pepsi, un brownie garni de saphir et d’émeraude ainsi qu’une basket ou encore un préservatif. Dans la salle suivante, The Emperor’s New Clothes, objet réalisé en fibre de verre et peint à l’huile couleur dorée, reprend le visage de l’ancien roi de France caricaturé en monstre. A l’entrée de la Salle des gardes du roi, un dessin animé réalisé par Osamu Kobayashi à la demande de l’artiste, Six  Princesse. A l’intérieur de la salle une moquette jonchée de fleurs rappelant les Flower Matango ainsi qu’un triptyque peint, tel une estampe, à l’huile et aux couleurs acidulées, Kawai -Vacance Summer Vacation in the Kingdom of the Golden. L’exposition se termine sur une peinture représentant des fleurs dans l’escalier de la Reine menant aux jardins où trône l’imposant Oval Buddha. Les objets néo pop se superposent à l’architecture classique de l’ancienne résidence des rois de France où l’Oval Buddha tranche avec la rigueur et la symétrie des jardins à la Française.
Takashi Murakami, Château de Versailles, du 14 septembre au 12 décembre 2010.

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